Rapport final
Le 15 août 2005
Secrétariat du Conseil du Trésor
Ministère de la Défense nationale
Agence canadienne de développement international
Service correctionnel du Canada
Affaires indiennes et du Nord Canada
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
1. Sommaire
2. Introduction
2.1 Contexte
2.2 Approche et méthodologie
2.3 Limites de l'étude
2.4 Principales caractéristiques des évaluations
3. Atteinte des objectifs de l'évaluation
3.1 Atteinte des objectifs
3.2 Conclusion
4. Utilité des études d'évaluation
4.1 Utilisateurs primaires des évaluations
4.2 Décisions portant sur l'allocation des ressources et la gestion des dépenses
4.3 Futures orientations de politique
4.4 Amélioration de la conception et de l'exécution des programmes
4.5 Reddition de comptes et relations hiérarchiques
4.6 Autres répercussions et avantages
4.7 Conclusion
5. Facteurs d'efficacité des évaluations
5.1 Appui de la haute direction
5.2 Relations fondées sur la participation entre le personnel d'évaluation et le personnel du programme
5.3 Qualification du personnel d'évaluation (externe et interne)
5.4 Méthodologie de cueillette exhaustive des données sur le rendement
5.5 Impartialité et objectivité sur le plan des constatations et des recommandation découlant de l'évaluation
5.6 Recommandations précises et équilibrées
5.7 Engagement et participation des intervenants
5.8 Conclusion
Le présent rapport s'appuie sur un compendium d'études de cas pour faire ressortir comment sont utilisées les évaluations effectuées dans les ministères et organismes du gouvernement du Canada et quels sont les facteurs clés qui contribuent à leur efficacité. Il s'inscrit dans un ensemble de recherches qui fourniront le cadre des orientations futures de la fonction d'évaluation au sein du gouvernement fédéral. Les discussions à propos de ces orientations s'articulent en partie autour de l'utilisation actuelle des études d'évaluation et des mesures à prendre pour que la fonction d'évaluation puisse efficacement répondre à des besoins diversifiés, comme la prise de décisions en matière de gestion des dépenses, l'établissement d'orientations politiques et le renforcement de la reddition de comptes et des relations hiérarchiques.
Le principal objectif de ce document consiste à mettre en perspective les pratiques exemplaires et les facteurs d'efficacité en regard des répercussions du processus d'évaluation. C'est pourquoi il ne présente pas un échantillon statistiquement représentatif des répercussions entraînées par toutes les études d'évaluation menées au sein du gouvernement fédéral. le Centre d'excellence pour l'évaluation (CEÉ) mène actuellement dans les ministères une enquête fondée sur un échantillon aléatoire des études d'évaluation dont le rapport viendra compléter le présent ouvrage.
Nous avons adopté une approche par études de cas pour documenter l'efficacité d'un échantillon d'évaluations sur le plan des prises de décisions dans les ministères. Quinze études d'évaluation menées par des ministères et des organismes gouvernementaux ont été retenues à cette fin. Dans la plupart des cas, ces études :
Dans tous les cas, on considérait que ces évaluations avaient atteint les objectifs établis dans leur mandat, notamment :
Les résultats de ces quinze études d'évaluation ont par la suite été utilisés par différents intervenants, notamment, les gestionnaires du programme, des cadres supérieurs des ministères, des organismes centraux, des ministres et des intervenants du programme. La justification des décisions relatives à la gestion des dépenses et des ressources constitue l'une des utilisations les plus courantes de ces résultats et, dans au moins deux cas, ils ont servi à étayer les travaux du Comité d'examen des dépenses.
Les résultats d'évaluation ont aussi grandement servi au niveau de la gestion des programmes, dans le cadre de la poursuite des opérations et de la prestation des services, pour identifier les améliorations à apporter sur le plan de la conception et de l'exécution du programme et des relations hiérarchiques, appuyer les décisions de réaffectation des ressources et saisir les occasions de réduire les coûts. Ils ont aussi contribué à améliorer le moral et la motivation du personnel responsable de l'exécution du programme et ils ont permis des transferts de savoir entre les équipes d'évaluation et l'effectif des programmes, favorisant ainsi une meilleure gestion.
Enfin, les évaluations ont fourni à la haute direction un contexte mieux défini pour prendre des décisions relatives à l'établissement d'orientations politiques visant les programmes et leur fonctionnement. Elles ont mis en relief les questions clés dont la haute direction doit tenir compte pour déterminer les orientations politiques futures des programmes soumis à l'évaluation.
Dans le contexte plus large qui regroupe les intervenants externes, les évaluations ont permis de mieux faire connaître et comprendre les programmes aux clients, aux fournisseurs tiers et aux membres du Parlement. Dans de nombreux cas, elles ont fait la preuve pour ces intervenants que les programmes donnaient les résultats escomptés et qu'ils constituaient des investissements judicieux.
Malgré le caractère unique de chacune de ces études, certains thèmes communs se dégagent comme facteurs clés d'une évaluation efficace. Notamment :
La valeur ajoutée par ces évaluations permet d'accroître l'utilité de la fonction d'évaluation et témoigne du fait que des études planifiées et effectuées de façon adéquate peuvent avoir des répercussions qui vont bien au-delà de leur mandat initial et donner lieu dans une vaste gamme de secteurs à des améliorations qui, au bout du compte, profiteront non seulement au programme évalué, mais aussi au ministère qui en est responsable, au gouvernement du Canada et à l'ensemble des citoyens canadiens.
2.1 Contexte
L'objectif de cette étude consiste à présenter des exemples de répercussions des évaluations du gouvernement du Canada sur les prises de décisions ministérielles et à identifier les facteurs clés qui contribuent à l'efficacité du processus d'évaluation. Elle s'inscrit dans un ensemble de recherches qui fourniront le cadre des orientations futures de la fonction d'évaluation au sein du gouvernement fédéral. Parmi les études connexes, citons celles portant sur :
Les discussions à propos de l'avenir de la fonction d'évaluation s'articulent en partie autour de l'utilisation actuelle des études d'évaluation qui sont effectuées et des mesures à prendre pour que la fonction d'évaluation puisse efficacement répondre à des besoins diversifiés, comme la prise de décision en matière de gestion des dépenses, l'établissement d'orientations politiques et le renforcement de la reddition de comptes et des relations hiérarchiques.
Un comité directeur composé de représentants du Centre d'excellence pour l'évaluation (CEÉ) du Secrétariat du Conseil du Trésor, de la Défense nationale, de l'Agence canadienne de développement
international (ACDI), de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC), des Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) et de Service correctionnel Canada (SCC) s'est chargé de la supervision du projet.
2.2 Approche et méthodologie
Nous avons adopté une approche par études de cas pour documenter l'efficacité d'un échantillon d'évaluations sur le plan des prises de décision dans les ministères. Quinze études d'évaluation menées par des ministères et des organismes gouvernementaux ont été retenues à cette fin.
Rapports d'évaluation compris dans la présente étude
| Social | SOG | Économique | Petits organismes |
|
|
|
|
En avril 2005, le CEÉ a demandé aux chefs de l'Évaluation de tous les ministères et organismes fédéraux de désigner des études récentes qu'ils avaient jugées éclairantes dans le cadre de prises de décisions ministérielles et qui, à leurs yeux, se caractérisaient par des répercussions démontrables. Quinze évaluations ont été choisies à partir de cette liste et de l'inventaire d'études d'évaluation géré le CEÉ. Elles constituent une combinaison d'évaluations effectuées tant dans de grands ministères que dans de petits organismes gouvernementaux, et elles touchent une gamme variée de portefeuilles.
Pour la majorité des études de cas, nous avons rencontré en entrevue le chef de l'Évaluation, le gestionnaire du programme et un cadre dirigeant (p. ex., SMA ou vice-président, lorsque possible). Dans certains cas, le gestionnaire du programme ou le cadre dirigeant n'était pas disponible pour participer à l'entrevue. Néanmoins, il y a toujours eu au moins deux entrevues, l'une avec le chef de l'Évaluation, l'autre avec le gestionnaire de programme ou un cadre dirigeant.
Ces études de cas sont présentées en annexe du présent rapport. Le reste du rapport consiste en un résumé des constatations qui découlent de ces études de cas.
2.3 Limites de l'étude
Au tout début de cette étude, nous avons délibérément choisi de nous concentrer sur les pratiques exemplaires et sur les facteurs d'efficacité des évaluations. En conséquence, elle n'a pas pour objectif de présenter un échantillon statistiquement représentatif des répercussions entraînées par toutes les études d'évaluation menées au sein du gouvernement fédéral. Elle se limite plutôt à offrir des exemples d'évaluations que la direction du programme a jugées efficaces et à les documenter sous forme d'études de cas.
Des études complémentaires mettront en œuvre des approches statistiquement représentatives pour mesurer les impacts de ce type d'études d'évaluation, notamment, l'enquête fondée sur un échantillon aléatoire d'évaluations actuellement en cours dans les ministères. On prévoit que ces études, ainsi que celles indiquées dans la section 2.1, permettront d'établir un portrait objectif et complet des répercussions des études d'évaluation au sein du gouvernement fédéral.
2.4 Principales caractéristiques des évaluations
Pour établir le contexte du reste du présent rapport, voici un résumé des caractéristiques administratives des quinze évaluations examinées.
Cette section présente sommairement jusqu'à quel point les quinze études d'évaluation ont pu atteindre leurs objectifs de départ et dans quelle mesure elles ont pu éclairer des décisions ministérielles.
3.1 Atteinte des objectifs
Tous les ministères considèrent que leurs études d'évaluation respectives ont atteint les objectifs stipulés dans leur mandat initial. Voici quelques-uns de ces
objectifs.
3.2 Conclusion
Il ressort de notre examen de ces quinze rapports d'évaluation que toutes les études ont atteint les objectifs énoncés dans leur mandat respectif, qu'elles ont fourni des preuves de fond relativement à la pertinence des programmes, à leurs résultats et à leur efficacité en fonction des coûts, et qu'elles ont permis de faire ressortir les aspects de la conception ou de l'exécution des programmes qu'il conviendrait de modifier pour être mieux à même de réaliser les objectifs établis et d'obtenir les résultats attendus.
Douze des quinze rapports d'évaluation examinés comprenaient des recommandations explicites. La présente section décrit comment les destinataires des résultats et des recommandations de ces études ont pu les utiliser pour orienter leurs décisions relatives aux projets en question.
4.1 Principaux utilisateurs des évaluations
| Utilisateur | Principales utilisations des résultats et des recommandations |
| Gestionnaires de programme |
|
| Haute direction ministérielle (SMA, vice-présidents, SM) |
|
| Ministres et membres du Parlement |
|
| Organismes centraux |
|
| Intervenants |
|
| Tiers fournisseurs, incluant les gouvernements provinciaux et territoriaux |
|
4.2 Décisions portant sur l'allocation des ressources et la gestion des dépenses
Ces évaluations ont été fort utiles pour les ministères dans le cadre des prises de décisions relatives à la gestion des dépenses et des ressources, comme le financement continu du programme, l'examen des dépenses, l'affectation des ressources et les possibilités de réduction des coûts.
Poursuite du financement des programmes. Pour plusieurs de ces programmes, notamment le Fonds d'innovation de l'Atlantique (APECA), le Programme canadien sur les crimes de guerre (CIC), le programme des Chaires de recherche du Canada (CRSH), le Programme de développement économique des collectivités (AINC), l'initiative de Prestation nationale pour enfants (DSC) et les Services subventionnés de traversier (Transport Canada), l'évaluation était requise aux fins de présenter aux organismes centraux une demande de renouvellement des modalités d'exécution. Les évaluations permettaient de vérifier que les programmes se rapprochaient suffisamment de leurs objectifs pour justifier un renouvellement de leur
mandat.
Décisions relatives à l'affectation des ressources. Les gestionnaires des ministères, tout comme ceux des programmes, se sont appuyés sur les résultats de l'évaluation pour éclairer leurs décisions relatives à l'affectation des ressources dans le cadre des programmes ou des opérations. Au MDN, par exemple, c'est une recommandation du rapport d'évaluation qui a attiré l'attention de la haute direction sur la nécessité de revoir l'affectation des ressources sur le plan de l'utilisation des fonds de fonctionnement et d'entretien. L'évaluation du PAHR a incité AAC à ajuster les ressources de ce programme en fonction des besoins réels de sa clientèle. Au sein d'Industrie Canada, l'évaluation du programme ResCol fut l'un des outils que l'on a utilisés pour décider de la réaffectation des ressources, au moment où ce programme faisait face à une réduction inattendue de 40 % de son budget.
Réduction des coûts. Dans certains ministères, des améliorations aux programmes et aux opérations sont en cours de réalisation pour donner suite aux recommandations qui découlent de l'évaluation. On prévoit que ces ministères pourront ainsi profiter d'économies ou d'améliorations de leur fonctionnement. Par exemple, pour accroître son efficacité en regard des coûts, Transport Canada procède à une révision des hypothèses qui sous-tendent le calcul des subventions accordées aux services de traversier. À la CCN, l'évaluation de la stratégie Web a motivé la décision de ne pas investir dans l'amélioration de certains services, parce qu'elle avait démontré que le besoin de ceux-ci ne le justifiait pas. Aux AINC, la nouvelle conception du Programme de développement économique des collectivités intègre des changements structurels, dont l'incitation à un financement progressif ou graduel des programmes, visant à réaliser des économies d'échelle. Au MPO, des travaux sont en cours pour établir une nouvelle tarification journalière pour les utilisateurs de la RLE, de façon à accroître les recettes pour mieux couvrir les coûts réels de l'exploitation de cette installation. Le Conseil du Trésor s'est appuyé sur les résultats de l'évaluation de l'initiative des Autres formes de prestation pour justifier le réapprovisionnement des AFPS et pour l'accroître en y incluant de nouveaux
immeubles.
Examen des dépenses. Dans deux ministères (MPO et Transport Canada), la haute direction a décidé de soumettre au Comité d'examen des dépenses certains des changements proposés aux programmes. Ainsi, l'évaluation des Services subventionnés de traversier dans la Région de l'Atlantique a conclu que l'un des programmes visés ne correspondait plus aux objectifs de Transport Canada et qu'il devrait être aboli, une décision qui entraînerait des économies d'environ 5 M$. Au MPO, l'évaluation de la Région des lacs expérimentaux a conclu que la tarification imposée aux utilisateurs était insuffisante pour couvrir les frais d'exploitation de l'installation et qu'un nouvel aménagement des services, assorti d'une augmentation des tarifs, pourrait soulager le ministère de cette charge financière.
4.3 Futures orientations des politiques
Les constatations de plus de la moitié des études d'évaluation mettent en relief la nécessité de revoir l'orientation politique ou stratégique du programme, de l'opération ou de l'initiative soumise à l'examen. Ces résultats, recommandations et suggestions de possibilités d'amélioration ont été des plus utiles à la haute direction pour éclairer ses prises de décisions dans ce
domaine.
Par exemple, les résultats de l'évaluation effectuée au MDN, en conjonction avec d'autres consultations et documents clés produits par ce ministère, ont contribué à l'élaboration du nouvel Énoncé de la politique de défense du Canada. La stratégie hydraulique d'AAC, qui doit alimenter la Stratégie fédérale relative à l'eau développée par Environnement Canada, s'appuie aussi sur les résultats de son évaluation. L'étude réalisée à Transport Canada a mis en relief l'éventuel besoin d'une révision des politiques maritimes du ministère pour s'assurer qu'elles se conforment à l'ensemble des priorités gouvernementales. À la CCN, l'évaluation de la stratégie Web a mené à l'élaboration d'une nouvelle vision du développement et à l'établissement de priorités. Au sein de RNCan, la direction du programme prévoit réexaminer les futures orientations stratégiques relatives au volet des nouvelles constructions de l'Initiative des habitations éconergétiques, de façon à le recentrer en vue de l'atteinte d'ici 2010 de ses objectifs reliés aux changements climatiques. La haute direction des AINC réévalue actuellement le rôle à long terme du ministère pour déterminer s'il doit poursuivre dans la voie de sa programmation usuelle ou passer à un rôle politique et de soutien. Au CRSH, le comité directeur a autorisé le secrétariat du programme à consulter les organismes centraux pour vérifier s'il serait possible de modifier le libellé d'un des objectifs pour mieux rendre compte de l'intention politique qui le sous-tend. Pour donner suite aux recommandations issues de l'évaluation, Industrie Canada a entrepris une analyse de toutes les questions soulevées et c'est à partir de cette analyse que seront élaborées les futures orientations politiques du ministère. Enfin, dans le cas du CCHST, les résultats de l'évaluation ont fourni au Conseil du Trésor la justification d'une augmentation des budgets qui permettra au Centre de se consacrer à la planification stratégique de l'amélioration de ses opérations, plutôt que d'être sans cesse en recherche de
financement.
4.4 Amélioration de la conception et de l'exécution des programmes
La haute direction et les gestionnaires de programme se sont aussi largement servi des résultats des évaluations pour identifier les éléments de programme dont l'efficacité n'était pas optimale ou qui n'atteignaient pas leurs objectifs. Dans une large mesure, les ministères mettent en œuvre les recommandations qui ont été émises relativement à la conception et à l'exécution de leurs programmes.
Dans certains ministères, les évaluations ont mis au jour la nécessité d'une
modification en profondeur de la conception de programmes. Aux AINC, les recommandations de restructuration de la conception du PDÉC ont été approfondies, puis mises en œuvre dans le cadre d'un nouveau programme remanié qui est entré en vigueur le 1er avril 2005. La direction du programme de RNCan entreprendra bientôt une révision complète de ses orientations stratégiques et, entre-temps, elle a mis en train une série d'améliorations au programme R-2000 pour réduire les chevauchements avec d'autres programmes d'efficacité énergétique et améliorer les volets qui touchent les relations avec les
consommateurs.
Le financement accru du CCHST, résultat d'une évaluation positive, a permis à cet organisme de se concentrer davantage sur des projets qui élargissent la gamme des services offerts, tout en renforçant le contenu de l'offre et de la prestation. On s'attend à ce que ses activités, au bout du compte, se traduisent par une amélioration globale de l'hygiène et de la sécurité au travail partout au Canada. Au MDN, des travaux sont en cours à tous les échelons du ministère pour améliorer l'infrastructure et les politiques qui doivent garantir la disponibilité et le maintien des troupes. Divers composants du programme des Chaires de recherche du Canada (CRSH), du Programme canadien sur les crimes de guerre (CIC), de la stratégie Web de la Commission de la Capitale nationale (CCN), du programme ResCol (Industrie Canada) et de l'initiative de la Prestation nationale pour enfants (DSC) ont fait (ou font) l'objet d'une réingénierie ou d'une
restructuration.
Dans d'autres ministères, les évaluations ont fait ressortir que la conception du programme était adéquate, mais que son
exécution pouvait faire l'objet d'améliorations. Des mesures ont été prises en ce sens au sein de RHDCC, partout où l'évaluation des PEMS/EDMT dans les juridictions provinciales a fait ressortir la nécessité d'améliorer les relations de partenariat avec les provinces ou les territoires et de favoriser un meilleur accès au programme pour des groupes marginalisés de Canadiens. Les gestionnaires de programmes de Transport Canada travaillent à la mise sur pied d'initiatives technologiques à bord des traversiers, afin de réduire la consommation de mazout et d'atténuer les émissions de gaz à effet de serre. Enfin, à l'APECA, on restructure les processus de révision et d'approbation du programme, de même que les communications avec les intervenants.
4.5 Reddition de comptes et relations hiérarchiques
Plusieurs ministères se sont appuyés sur les recommandations des évaluations pour renforcer leurs mécanismes de reddition de comptes et leurs relations hiérarchiques. Par exemple, l'organisation du Programme de développement économique des collectivités (AINC) a été complètement révisé, suivant les recommandations de l'évaluation, pour faire en sorte que le projet et ses agents de prestation des services soient en mesure de rendre des comptes sur l'allocation des fonds. La distribution des rôles entre le ministère et ses agents de prestation de services a été précisée et diverses améliorations ont été apportées pour accroître la cohérence de la reddition de comptes par les agents et la transparence des résultats. À la CCN, l'évaluation a permis de clarifier les rôles et responsabilités de deux services distincts qui doivent rendre des comptes à propos de l'évolution des sites Web. Au MPO, on a apporté des améliorations à la structure des relations hiérarchiques de la RLE pour renforcer l'efficacité de la structure de gestion de l'installation. L'évaluation effectuée par TPSGC a fait ressortir une nouvelle exigence sur le plan du réapprovisionnement, obligeant les fournisseurs à fournir des rapports financiers plus détaillés. Dans le cas de l'initiative de la Prestation nationale pour enfants (DSC), l'évaluation a permis de mieux comprendre la complexité d'un réaménagement de l'imputabilité avec les provinces et territoire, permettant ainsi une meilleure compréhension entre les parties.
Plusieurs programmes, dont le Programme national d'approvisionnement en eau (PNAE) d'AAC, le programme des Chaires de recherche du Canada (CRSH), le Fonds d'innovation de l'Atlantique (APECA) et le Programme de développement économique des collectivités (AINC), élaborent des stratégies de gestion du rendement et d'amélioration des approches pour la collecte des données. On s'attend à ce que ces démarches contribuent de façon appréciable à faire la démonstration des résultats obtenus par le biais de ces programmes. Dans le cas des PEMS/EDMT, à RHDCC, on se préoccupe constamment des renseignements sur l'intégrité des données et sur la structure hiérarchique de la gestion, car les données doivent être partagées à partir d'écrans de saisies de données des systèmes des provinces et des territoires, qui ne sont pas tous compatibles avec le système du ministère. RHDCC travaille de concert avec ses partenaires des provinces et des territoires pour surmonter ce problème.
4.6 Autres répercussions et avantages
Les études d'évaluation ont souvent eu des répercussions qui débordaient les objectifs initiaux établis dans leur mandat. Ces répercussions et avantages varient grandement selon les études, mais il convient de les signaler.
4.7 Conclusion
Dans l'ensemble, il a été démontré que ces quinze études d'évaluation avaient constitué un outil efficace pour une vaste gamme d'utilisateurs, notamment pour la direction du projet, la haute direction ministérielle, les organismes centraux, les ministres et les intervenants des programmes.
À plusieurs échelons des ministères et des organismes, les rapports d'évaluation ont surtout servi à éclairer des décisions relatives à la gestion des dépenses et à l'affectation des ressources. Pour les gestionnaires de programme, les évaluations ont servi à appuyer la gestion courante des ressources et à mieux cerner les occasions de réduire les coûts. Pour la haute direction ministérielle, elles ont été utiles pour harmoniser l'affectation des ressources et pour déterminer s'il y avait lieu de reconduire les programmes. Au niveau des organismes centraux, des ministres et des membres du Parlement, les évaluations ont constitué un outil crucial en regard des décisions relatives au financement des programmes. Et dans au moins deux cas, les résultats de l'évaluation ont servi à étayer les travaux du Comité d'examen des dépenses.
Les gestionnaires de programme se sont largement servi des résultats de l'évaluation pour appuyer la gestion courante du programme et des opérations, identifier les volets pour lesquels des améliorations étaient requises, tant aux niveaux de la conception et de l'exécution du programme qu'à celui de l'établissement des relations hiérarchiques. Il a été démontré qu'il s'agissait d'un outils constructifs qui fournissent aux gestionnaires les justifications impartiales et factuelles dont ils ont besoin pour requérir l'apport de modifications à leur programme ou opération. Par ailleurs, les études d'évaluation ont aussi contribué à améliorer le moral et la motivation du personnel responsable de l'exécution du programme et elles ont permis des transferts de savoir entre les équipes d'évaluation et l'effectif du projet, favorisant ainsi une meilleure gestion du projet.
Les évaluations ont aussi fourni à la haute direction un contexte mieux défini pour prendre des décisions relatives à l'établissement d'orientations politiques visant les programmes et leur fonctionnement. Elles ont mis en relief les questions clés dont la haute direction doit tenir compte pour déterminer les orientations politiques futures des programmes soumis à l'évaluation.
Dans le contexte plus large qui regroupe les intervenants externes, les évaluations ont permis de mieux faire connaître et comprendre les programmes aux clients, aux fournisseurs tiers et aux membres du Parlement. Dans de nombreux cas, elles ont fait la preuve pour ces intervenants que les programmes donnaient les résultats escomptés et qu'ils constituaient des investissements judicieux. Au moins deux de ces études ont permis de rehausser l'image du Canada sur le plan international et sont devenues des exemples de réussite dans l'exécution de programmes.
Enfin, la valeur ajoutée par ces évaluations permet d'accroître l'utilité de la fonction d'évaluation et témoigne du fait que des évaluations planifiées et effectuées de façon adéquate peuvent avoir des répercussions qui vont bien au-delà de leur mandat initial et donner lieu dans une vaste gamme de secteurs à des améliorations qui, au bout du compte, profiteront non seulement au programme évalué, mais aussi au ministère qui en est responsable, au gouvernement du Canada et à l'ensemble des citoyens
canadiens.
Cette dernière section présente de façon sommaire les « pratiques exemplaires » qui se dégagent des quinze études que nous avons évaluées. Les équipes d'évaluation, tout comme le personnel responsable des projets, croient que ces aspects ont eu un impact certain sur la qualité et l'utilité des évaluations.
5.1 Appui de la haute direction
Le déroulement du processus d'évaluation et ses résultats sont largement tributaires de l'appui de la haute direction. Certaines situations, comme un blocage du processus, des carences sur le plan des relations avec la clientèle, une mésentente à propos des objectifs de l'évaluation, des résultats ou des recommandations, ou encore l'approbation de recommandations sujettes à la controverse, exigent une intervention de la haute direction.
5.2 Relations fondées sur la participation entre le personnel d'évaluation et le personnel du programme
L'engagement actif du personnel responsable dans le processus d'évaluation contribue non seulement à garantir un déroulement bien ciblé, sans heurts ni problèmes, mais aussi à produire des résultats pertinents, défendables et livrés en temps opportun. L'engagement de l'effectif du programme est essentiel pour favoriser l'acceptation des résultats et des recommandations et, au bout du compte, la mise en œuvre de ces dernières. Voici quelques-unes des pratiques exemplaires que nous avons relevées.
5.3 Qualification du personnel d'évaluation (externe et interne)
Le professionnalisme et l'expérience du personnel d'évaluation, qu'il s'agisse d'employés du ministère ou de consultants de l'extérieur, sont des éléments cruciaux pour la réussite et l'utilité des études d'évaluation. Voici quelques-unes des compétences et habiletés particulières que les évaluateurs (du ministère ou de l'extérieur) considèrent comme les plus
importantes.
5.4 Méthodologie de cueillette exhaustive des données sur le rendement
Toutes les évaluations se sont appuyées de multiples sources d'information pour colliger les données relatives au programme ou service sous étude. On croyait en effet que cette dimension était de la plus haute importance pour permettre une étude fiable et objective des programmes. Minimalement, les études comprenaient toujours des données provenant d'une revue de la documentation et d'interviews. D'autres méthodes ont aussi été mises en œuvres dans certaines études, notamment, des études de cas, l'examen des bases de données du programme et la constitution de groupes de discussion. Voici quelques-unes des pratiques exemplaires qui ont été mentionnées.
5.5 Impartialité et objectivité sur le plan des constatations et des recommandations découlant de l'évaluation
On considère que la majorité des évaluations étaient tout à fait objectives et que les conclusions et recommandations qui en découlaient étaient impartiales et fondées sur des faits. Le caractère d'indépendance de ces évaluations a contribué à leur crédibilité, de même qu'à l'acceptation des recommandations. Voici quelques pratiques exemplaires considérées comme des facteurs favorisant un degré élevé d'indépendance et d'objectivité dans le cadre des évaluations.
Dans les cas où, malgré une approche cohérente pour la collecte des données, il subsiste un doute sur l'objectivité de l'enquête ou des résultats (par exemple, lorsqu'il y a eu grand nombre de répondants, mais que ceux-ci appartiennent tous à la même industrie, au même syndicat ou à une même association, et que l'on craint que cela ait une influence sur les résultats), le rapport d'évaluation doit faire mention de ce risque et proposer des mesures pour rétablir l'impartialité de l'évaluation par l'ajout de données supplémentaires.
5.6 Recommandations précises et équilibrées
Les évaluations qui ont le plus efficacement contribué à éclairer les prises de décision se caractérisaient généralement par la clarté et l'utilité de leurs recommandations. Au sein des programmes, on dit que les recommandations concrètes et non normatives qui reconnaissent les objectifs généraux du programme sont celles qui sont les mieux acceptées et les plus susceptibles d'être mises en œuvre. Dans une étude en particulier, l'équipe d'évaluation dit avoir délibérément choisi de ne présenter qu'un nombre limité de recommandations ciblées et directement liées aux conclusions de l'évaluation, plutôt que de produire une longue liste d'améliorations souhaitables. Les rapports d'évaluation qui présentaient aussi des options de mise en œuvre de leurs recommandations ont été bien perçus au sein des programmes.
5.7 Engagement et participation des intervenants
La participation des intervenants clés au processus d'évaluation, incluant les clients, les organismes centraux, les agents de la prestation des services, les académies et les homologues provinciaux, est un facteur qui stimule leur engagement et leur collaboration. Voici quelques pratiques exemplaires qui vont dans ce
sens.
5.8 Conclusion
Les pratiques exemplaires dégagées dans le cadre de la présente étude démontrent que l'efficacité des évaluations repose sur un amalgame de facteurs, dont un appui concret de la haute direction, la qualification du personnel d'évaluation, la robustesse des méthodologies utilisées, l'indépendance et l'objectivité de l'approche, l'engagement actif des intervenants clés du ministère et de ceux de l'extérieur et la production d'un rapport équilibré. S'ils sont tous présents, ces facteurs permettent de constituer un cadre d'évaluation robuste garantissant des résultats pertinents et crédibles qui (et c'est là l'aspect le plus important) pourront effectivement appuyer le processus de prise de décisions.