En 2002-2003, le gouvernement a adopté la comptabilité d'exercice
intégrale pour la préparation du budget du ministre des Finances et des états
financiers sommaires du gouvernement du Canada qui sont présentés dans les
Comptes publics du Canada. Par contre, le budget principal des dépenses
(crédits) continue d'être établi selon la méthode de comptabilité
d'exercice dite « de caisse modifiée ».
Selon la comptabilité d'exercice, les opérations sont constatées lorsque
l'événement économique sous-jacent se produit; autrement dit, on constate les
revenus lorsqu'ils sont gagnés et les dépenses lorsqu'elles sont engagées
plutôt qu'au moment où les entrées ou les sorties de fonds correspondantes
sont effectuées.
Il existe plusieurs catégories d'opérations qui présentent des
différences au niveau de la classification de leurs éléments et du moment où
les charges sont imputées au crédit et où les dépenses sont constatées aux
fins de calculer l'excédent ou le déficit annuel. Il y a aussi des variations
dans le traitement des revenus, de certains passifs, des stocks et des
acquisitions d'immobilisations. Ces différences sont commentées brièvement à
annexe 6 du Plan
budgétaire de 2003.
La comptabilité d'exercice brosse un tableau plus complet de la situation
financière du gouvernement et reflète mieux les répercussions financières
des événements économiques et des décisions du gouvernement au cours de
l'exercice. Le Secrétariat recommande aux organisations fédérales de se
fonder davantage sur des données établies selon la comptabilité d'exercice
dans le cadre du processus décisionnel, puisque cette méthode expose mieux le
coût des ressources utilisées au cours d'une période donnée, de sorte qu'il
est plus facile de mettre en relation les coûts d'un programme et les
résultats obtenus.
Pour favoriser l'utilisation des données établies selon la comptabilité
d'exercice aux fins du processus décisionnel, le Secrétariat exige que ces
données soient fournies dans les présentations où sont proposées des dépenses
en capital lorsque, d'une part, ces dépenses exigent des ressources
supplémentaires (ressources non prévues dans les niveaux de référence de
l'organisation) et que, d'autre part, il existe des écarts marqués entre les
données établies selon la comptabilité de caisse et celles établies selon la
comptabilité d'exercice.
La section « Coût et source des fonds »des présentations relatives à
l'acquisition d'immobilisations ou de stocks importants doit comprendre des
données financières fondées sur la comptabilité d'exercice, en plus des
données établies selon la comptabilité de caisse. Dans le cas d'autres
catégories d'opérations où il existe des écarts importants entre les
mouvements de trésorerie et la constatation des dépenses (p. ex., l'assainissement de sites contaminés), le Secrétariat pourra demander à
l'organisation de fournir des renseignements complémentaires.
Aux fins des comptes de l'État, les immobilisations comprennent
généralement les actifs correspondant aux critères suivants :
- les actifs acquis, construits ou mis au point à un coût
supérieur à 10 000 $;
- les actifs devant être utilisés de façon continue pendant plus
d'un exercice en vue de l'atteinte d'objectifs publics;
- les actifs qui ne sont pas destinés à la revente dans le cours
normal des activités;
- les actifs dont le gouvernement a la propriété effective ou sur
lesquels il exerce un contrôle.
Entrent également dans la catégorie des immobilisations les dépenses
d'amélioration, ce qui englobe les dépenses se rapportant à la modification
ou à la modernisation d'un actif pour en prolonger sensiblement la durée de
vie utile ou en accroître la fonctionnalité.
Relativement aux crédits, le montant total du prix d'achat ou des coûts de
mise au point d'une immobilisation est imputé au crédit pertinent au cours de
l'exercice où la dépense est effectuée. En comptabilité d'exercice
intégrale, le coût d'acquisition ou de mise au point d'une immobilisation est
imputé, par voie d'amortissement[1],
aux exercices où l'immobilisation sera utilisée par l'organisation.
Étapes de base du calcul des dépenses d'exercice annuelles
(1) Coût
- Déterminez la somme de tous les coûts à engager pour rendre opérationnelle l'immobilisation.
- S'il s'agit d'une acquisition, ces coûts peuvent comprendre le prix
d'achat, les coûts du transport, les frais juridiques, les coûts
d'installation, etc.
- Dans le cas d'une immobilisation déjà mise au point ou construite,
les coûts peuvent comprendre les coûts directs d'acquisition de matériel et
de main-d'oeuvre, ainsi que les frais généraux directement attribuables aux
activités de construction ou de mise au point
- Il existe des règles particulières à suivre pour l'évaluation
d'un actif acquis en vertu d'un contrat de location, qu'il s'agisse d'un contrat
de location-exploitation ou de location-acquisition. Certains seuils
s'appliquent aux fins de faire une distinction entre les deux types de contrats.
Dans le cas de locations proposées, il faut préciser dans la présentation de
quel type de contrat il s'agit; par contre, on ne fournira des données de
comptabilité d'exercice que lorsque l'écart entre les mouvements de
trésorerie associés aux paiements de location et les dépenses au titre des
intérêts et de l'amortissement d'une location-acquisition est important.
- La durée de vie utile doit être déterminée en conformité avec
les politiques comptables de l'organisation fédérale.
(2) Période d'amortissement
- Déterminez la durée de vie utile de l'actif.
- La durée de vie utile correspond à la période estimative pendant
laquelle l'immobilisation corporelle est censée servir au gouvernement, ou le
nombre estimatif d'unités de production (ou d'unités analogues) que le
gouvernement pourra tirer de l'immobilisation corporelle. L'estimation de la
durée de vie doit tenir compte de différents facteurs comme l'utilisation
future prévue, les effets de l'obsolescence de la technologie, l'usure prévue
en raison de l'utilisation de l'immobilisation ou du passage du temps, le
programme d'entretien, les études relatives à des actifs comparables mis hors
service, et l'état des actifs comparables.
- Étant donné que l'estimation de la durée de vie utile d'un actif
repose sur des projections, plus les projections s'éloignent dans l'avenir,
plus il devient difficile de fonder l'estimation. De ce fait, la période
maximale d'amortissement d'une immobilisation corporelle, exception faite des
terrains, est limitée à 40 ans, sauf si l'organisation peut établir
clairement que la durée de vie utile anticipée sera supérieure. Ce sera le
cas par exemple de certains actifs formant des réseaux complexes, comme les
réseaux d'aqueduc et d'égout. Il pourra alors y avoir lieu d'indiquer une
durée de vie utile plus longue.
- La durée de vie utile de l'actif visé (des actifs visés) dans la
présentation doit être conforme aux politiques comptables de l'organisation
fédérale. Les personnes qui préparent les présentations devraient discuter
de la vie utile de l'actif ou des actifs avec le service responsable des
politiques comptables ou des rapports financiers externes.
- Les terrains ont une durée de vie illimitée et ne font pas
l'objet d'un amortissement.
(3) Dépenses d'amortissement
L'amortissement correspond à la répartition du coût d'un actif tout au
long de sa vie utile.
- L'administration fédérale applique généralement la méthode de
l'amortissement linéaire, dans laquelle le coût de l'actif est divisé par le
nombre d'années de vie utile aux fins de déterminer l'amortissement annuel.
- Si une organisation de l'État prévoit que la valeur résiduelle
d'une immobilisation corporelle (produit de la disposition de l'actif à la fin
de sa vie utile) sera élevée, cette valeur est déduite du coût historique de
l'actif aux fins du calcul de l'amortissement.
- La charge annuelle établie selon la comptabilité
d'exercice correspond au total de ce montant et des coûts de
fonctionnement pour l'exercice.
- C'est ce même montant qui est comptabilisé chaque année de la
vie utile de l'actif, à compter du moment où ce dernier commence à être
utilisé. Étant donné que l'amortissement est constaté mensuellement,
l'amortissement annuel peut être inférieur la première et la dernière année
de la durée de vie utile de l'actif.
Pour de plus amples renseignements sur les immobilisations, la durée de vie
utile et les normes d'amortissement, on consultera les Normes
comptables 3.1 et 3.1.1 du Conseil du Trésor, la section 3.5 du Manuel
de comptabilité selon la SIF; l'annexe 6 du Plan budgétaire de 2003 contient
pour sa part des renseignements au sujet des répercussions de la comptabilité
d'exercice sur les éléments de passif et les revenus.