Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada
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Discours de Tony Clement, président du Conseil du Trésor du Canada, au Empire Club du Canada

Le jeudi 26 janvier 2012

Toronto (Ontario)

L’allocution prononcée fait foi.

INTRODUCTION

Invités distingués, mesdames et messieurs, je suis ravi d’être ici.

Je veux d’abord vous remercier de m’avoir invité à vous adresser la parole. J’en suis honoré.

Depuis ses débuts, votre club est reconnu pour la longue liste d’invités fascinants de partout dans le monde qui viennent s’adresser à ses membres. Winston Churchill, Ronald Reagan, Margaret Thatcher, Vladimir Poutine et d’autres ont tous pris la parole de cette tribune historique.

Je suis vraiment flatté de figurer parmi les sommités qui ont aidé à forger les opinions de notre époque.

Je suis aussi honoré de m’adresser à une organisation qui, depuis 109 ans, défend fièrement et fait la promotion de la liberté, la démocratie et la primauté du droit – certaines des grandes valeurs du Canada et du monde.

Ces valeurs durent à cause du leadership exercé par des organisations comme la vôtre pour les garder bien vivantes.

Puisque je me trouve devant les membres du Empire Club aujourd’hui, il me semble approprié de vous parler aujourd’hui du chemin que le Canada a parcouru pour obtenir le statut de nation, ce que cela signifie pour les Canadiens et comment le gouvernement s’emploie à assurer le succès continu du Canada dans les années à venir.

À l’aube de 2012, nous soulignons le 200e anniversaire du début de la Guerre de 1812.

La Guerre de 1812 a été un chapitre marquant de l’histoire de notre nation.

Le Canada, ou ce qui allait le devenir, était menacé d’invasion par une armée étrangère puissante.

Il a fallu les efforts conjugués des milices anglophones et francophones ainsi que de Canadiens autochtones, de concert avec les forces militaires britanniques, pour réussir à repousser l’invasion américaine.

Avec 200 ans de recul, nous pouvons voir que le Canada n’aurait pas existé si l’invasion américaine n’avait pas été repoussée.

Si le dénouement de la Guerre avait été différent, l’identité francophone du Québec n’existerait peut-être pas et l’histoire de nos peuples autochtones aurait été profondément modifiée.

Ce conflit est à l’origine de bon nombre de nos institutions politiques et il a jeté les bases de la Confédération.

Ceux qui ont défendu notre pays et nos valeurs en période de crise et leurs efforts héroïques font partie intégrante de l’histoire du Canada que nous connaissons aujourd’hui – un pays libre et indépendant, au sein d’une monarchie constitutionnelle, doté de son propre régime parlementaire.

En passant, le conflit ne s’est pas terminé sur un verdict nul.

Un éminent historien des États-Unis et conseiller principal à l’ancienne secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, a enfin admis la vérité : le Canada a remporté la Guerre de 1812[1].

L’année suivant la fin de ce conflit, un autre héros canadien naissait – le grand architecte et visionnaire de l’État canadien, Sir John A. MacDonald.

« Nous sommes un grand pays, a-t-il dit, et nous deviendrons un des plus grands de l’univers si nous le préservons. Nous sombrerons dans l’insignifiance et l’adversité si nous permettons qu’il soit démantelé[2]. » [traduction]

Sir John A. avait une vision claire de l’avenir, et il a formé notre pays en s’inspirant des valeurs de l’Empire : la liberté, la paix, la justice et l’égalité des peuples.

Au fil des ans, ces valeurs se sont affirmées chez les Canadiens dans des périodes de crise.

Nos sacrifices à Vimy, Ypres et Passendale, en Normandie, en Corée et en Afghanistan en témoignent.

La compassion et l’aide que nous offrons aux victimes de tremblements de terre, de tsunamis et de catastrophes dans des terres étrangères en témoignent.

Le Canada a fait de grands progrès en 200 ans. Nous avons grandi et évolué au point de devenir l’un des pays les plus prospères dans le monde.

Lorsque le premier ministre britannique David Cameron a visité le Canada en septembre dernier, il a reconnu le leadership que le Canada exerce à l’aube de ce nouveau siècle.

Dans un discours au Parlement, il a indiqué que le Canada avait tout ce qu’il fallait pour réussir, et il a passé le flambeau.

Il a souligné notre leadership dans deux domaines essentiels au succès dans le XXIe siècle, soit l’innovation et l’éducation.

« Le Blackberry et le Canadarm, a-t-il dit, font du Canada un foyer de l’innovation et de la technologie de pointe. » [traduction]

Il a aussi félicité le Canada pour sa diversité, soulignant que « la manière dont vous avez intégré des gens de différentes cultures dans une démocratie arrivée à maturité est un modèle dont nous pourrions tous nous inspirer ». [traduction]

Le premier ministre britannique n’est pas le seul à croire au Canada ces jours-ci.

Notre leadership économique au cours de la crise économique mondiale de 2008 a été reconnu dans le monde entier.

L’an dernier, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont tous deux prédit que notre croissance économique figurerait parmi les plus solides du G-7 en 2011, et ils ont reconduit leur prédiction pour cette année.

Pour la quatrième année de suite, le Forum économique mondial a jugé que le système bancaire canadien était le plus solide au monde.

Par ailleurs, trois agences de notation – Moody’s, Fitch et Standard & Poor’s – ont réaffirmé leur cote de crédit de catégorie investissement pour le Canada.

Le magazine Forbes a récemment classé le Canada au premier rang des endroits pour faire des affaires[3].

À tous égards, le Canada a bien traversé la crise économique mondiale et s’en sort bien face à l’incertitude financière continue, surtout lorsqu’on le compare à la plupart des autres nations développées.

Depuis le lancement du Plan d’action économique du Canada en réaction au ralentissement de l’économie de 2008, nous avons récupéré la capacité de production et les emplois perdus au cours de la récession et avons fait des gains dans ces domaines.

Près de 600 000 Canadiens de plus travaillent aujourd’hui, comparativement à la fin de la récession, le taux de croissance de l’emploi durant la reprise économique étant de loin le plus solide parmi les pays du G-7.

Le PIB réel est maintenant nettement supérieur à celui d’avant la récession, soit la meilleure performance au sein du G-7, selon les chiffres du FMI et de l’OCDE.

Cependant, notre pays n’est pas tiré d’affaire pour autant.

À la sortie de la pire récession depuis la Crise de 1929, nous savons que les familles canadiennes s’inquiètent de leurs emplois et de leur sécurité financière.

Nous comprenons que le rôle du gouvernement est de créer les conditions propices pour que les Canadiens puissent réussir. Mais nous croyons également que ce sont l’ingéniosité, les aspirations et la détermination des Canadiens qui alimentent la croissance économique et la création d’emploi.

Donc, dans le temps qu’il me reste, j’aimerais m’attarder à quelques-unes des mesures que nous prenons pour y contribuer.

Permettez-moi d’en mentionner trois.

La première consiste à réduire le déficit et à rétablir l’équilibre budgétaire à moyen terme.

La deuxième consiste à laisser aux entreprises la liberté de grandir en éliminant la paperasse qui peut étouffer la productivité.

La troisième consiste à créer des possibilités au moyen de l’Initiative pour un gouvernement ouvert.

RÉDUCTION DU DÉFICIT

Tout au long de notre histoire, les Canadiens et leur gouvernement ont tiré des enseignements précieux des crises économiques.

Aujourd’hui, les Canadiens comprennent la nécessité de réduire le déficit et de retrouver l’équilibre budgétaire à moyen terme, de trouver des économies dans les dépenses du gouvernement et de prendre des mesures ciblées au besoin pour soutenir la reprise.

Notre approche équilibrée stimulera nos efforts en vue d’assurer un rétablissement et une prospérité durables, ce qui préservera l’avantage économique du Canada dans l’immédiat et pour l’avenir.

Les Canadiens le comprennent, et dans le cadre des élections fédérales de mai 2011, ils nous ont donné un mandat clair afin d’éliminer le déficit, de garder les impôts à un bas niveau et de continuer à créer des emplois pour les Canadiens.

Dans le budget qui a suivi, nous avons annoncé notre plan pour rétablir l’équilibre budgétaire tout en gardant les impôts à un bas niveau.

En faisant fond sur les mesures précédentes que nous avions prises pour réduire les dépenses du gouvernement, nous avons lancé notre initiative de réduction du déficit.

L’examen ne se limite pas toutefois à trouver des économies, il vise à moderniser l’administration publique.

Il s’agit de nous doter de nouveaux outils pour l’avenir – et d’offrir les bons programmes et services à juste coût pour aider les Canadiens à réussir dans les années à venir.

DONNER AUX ENTREPRISES LA LIBERTÉ DE RÉUSSIR

Comme pays, nous devons favoriser la croissance économique et créer des emplois au Canada au moyen de solutions variées.

C’est pourquoi, en plus de faire le ménage dans nos finances, nous veillons à ce que les citoyens, les entreprises et les collectivités au Canada ont à leur disposition les outils dont ils ont besoin pour réussir.

Cela m’amène à notre deuxième initiative clé, l’élimination de la paperasse gouvernementale afin de donner aux entreprises la liberté de grandir.

Nous croyons que la paperasse fait obstacle à la productivité économique en consommant du temps et des ressources précieux, et en freinant l’esprit d’entreprenariat.

L’élimination de la paperasse aide les entreprises à se concentrer sur ce qu’elles font le mieux : soutenir la reprise économique en créant des emplois et en produisant de la richesse.

Elle stimule aussi l’innovation en clarifiant le contexte réglementaire pour les entrepreneurs et en créant un marché plus facile à naviguer.

Lorsque le premier ministre Harper a formé la Commission sur la réduction de la paperasse l’hiver dernier, c’était dans l’intention de produire tous ces avantages.

La Commission a publié son rapport final plus tôt ce mois-ci.

En guise de preuve de notre engagement, nous prenons des mesures afin de mettre en œuvre la règle du « un-pour-un » pour limiter le fardeau administratif imposé aux entreprises.

Ces travaux ne sont qu’un exemple de la façon dont nous aidons les entreprises à grandir et à investir pour l’avenir.

GOUVERNEMENT OUVERT

La troisième initiative dont j’aimerais parler est l’Initiative pour le gouvernement ouvert.

Le gouvernement ouvert permet aux Canadiens non seulement de se renseigner sur les rouages du gouvernement et d’y participer plus directement, mais aussi de créer de nouveaux produits à l’aide des données et des renseignements détenus par l’État.

Le printemps dernier, nous avons lancé cette initiative, qui comprend trois grands volets.

Les données ouvertes consistent à présenter aux Canadiens les données gouvernementales dans un format plus utile pour qu’ils puissent les réutiliser de façon novatrice.

L’information ouverte consiste à divulguer de manière proactive de l’information aux Canadiens de façon continue, notamment sur les activités du gouvernement.

Le dialogue ouvert consiste à donner aux Canadiens plus de voix au chapitre des politiques et des priorités du gouvernement, et d’accroître leur engagement en tirant parti des technologies Web 2.0.

En puisant dans les talents et les idées de nos citoyens, nous pouvons être plus sensibles à leurs besoins.

De fait, plus tôt cet hiver, nous avons tenu une consultation en ligne sur le gouvernement ouvert et les Canadiens nous ont fait d’excellentes suggestions.

Nous avons également tenu la première discussion sur Twitter de l’histoire du gouvernement afin d’encourager les Canadiens à prendre part à la discussion sur le gouvernement ouvert.

Le gouvernement ouvert peut aussi améliorer la transparence et la responsabilisation au sein de l’administration publique, et une démocratie solide est essentielle au succès économique d’une nation. J’y crois sincèrement.

CONCLUSION

Permettez-moi de conclure sur une dernière observation au sujet de la nécessité de la croissance économique et de la création d’emplois dans cette période difficile.

Au fil des ans, les Canadiens ont appris que les déficits chroniques hypothèquent notre avenir. Les déficits chroniques font augmenter les impôts et limitent les possibilités et la liberté de nos enfants et de nos petits-enfants.

Au bout du compte, ils gaspillent les possibilités qui nous ont été données.

C’est pourquoi nous devons nous en tenir à notre plan qui consiste à garder les impôts à un bas niveau pour créer de l’emploi et de la croissance – un plan qui a fonctionné et qui a bien servi les Canadiens.

Je crois que les Canadiens peuvent relever n’importe quel défi. Nous l’avons toujours fait – en autant que nous ne gaspillions jamais notre trésor ou que nous ne perdions jamais foi en nous-mêmes.

Comme Winston Churchill l’a dit en s’adressant à notre Parlement dans les jours les plus sombres de la Deuxième Guerre mondiale, « nous n’avons pas parcouru tout ce chemin à travers les montagnes, à travers les Prairies, à travers les siècles, parce que nous sommes faits de sucre d’orge ». [traduction]

La liberté, le travail acharné et le sacrifice nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui – et le leadership, la prudence fiscale et le soutien aux Canadiens pour qu’ils réussissent assureront notre avenir.

Ce n’est pas toujours facile, mais comme l’Histoire nous l’a appris, c’est faisable.

Et les bienfaits pour notre génération et les générations futures seront incommensurables.

Je vous remercie.


[1] Cohen, Eliot, Conquered into Liberty: Two Centuries of Battles along the Great Warpath that Made the American Way of War. Free Press, 2011.

[2] Sir John A. MacDonald, 1861, cité dans E.B. Biggar, Anecdotal life, 1891.

[3] Forbes, 3 octobre 2011.