« La conception réussie est fondée sur une connaissance profonde des grandes caractéristiques humaines et des intentions précises d'un groupe donné de sorte qu'elle utilise à bon escient l'information, les procédés et la technologie pertinents pour que les membres de ce groupe puissent atteindre leurs objectifs tant professionnels que personnels. »[27][TRADUCTION]
Une connaissance approfondie des caractéristiques humaines nous fait prendre davantage conscience de celles qui sont communes pour tous et de celles que certains partagent, ce qui nous pousse à élaborer en tenant compte du plus vaste auditoire possible en appliquant les principes de la conception universelle. Une connaissance approfondie des intentions précises de notre groupe donné nous permet de constater que, même si nos efforts de conception visent tout le monde, nous devons également nous attarder à chacun. Heureusement, les personnes handicapées, à titre d'épreuve décisive de la variété et de la diversité, fournissent les meilleurs modèles pour les scénarios des cas limites dont se servent souvent les concepteurs.
Pour qu'il soit tenu compte de l'unicité de l'individu et de l'objectif qui consiste à améliorer l'expérience interactive de quiconque accède aux services et à l'information provenant des systèmes de gestion de l'information et de technologie de l'information du gouvernement du Canada, une série de modèles, ou de personnalités représentant des personnes présentant différents agencements d'incapacités, a été créée pour faciliter l'élaboration pour des millions de personnes d'une manière qui semble « unique à chaque cas ». Selon un point de vue, toutes les personnalités prises ensemble devraient englober toutes les incapacités. En d'autres termes, une liste exhaustive des déficiences[5] est compilée, résumée et regroupée dans diverses combinaisons, puis attribuée aux personnalités. Ces personnalités, du point de vue du concepteur, fournissent ensuite des buts concrets en matière de conception et des modèles de test abstraits qui guident ses efforts tout au long des étapes de son travail. L'élaboration et l'utilisation des personnalités représentent un outil puissant utilisé dans la conception de systèmes de qualité très utilisables. Elles facilitent la conception centrée sur la personne, car elles fournissent des buts clairs et orientent les efforts en vue d'atteindre des objectifs précis. Les personnalités ne désignent pas de vraies personnes. Elles représentent plutôt des modèles qui ont été créés pour orienter la conception de la gestion de l'information et de la technologie de l'information.
La terminologie du langage de modélisation unifié (UML) est utilisée en matière d'architecture du domaine de l'accessibilité, de sorte que les personnalités sont des acteurs qui interagissent avec les systèmes de gestion de l'information et de technologie de l'information du gouvernement du Canada par l'entremise de cas d'utilisation précis. Les prochaines itérations du présent document pourraient comprendre les acteurs qui représentent et délimitent plus clairement les aides techniques personnelles dont se servent nombre de personnes handicapées, ainsi que d'autres composantes de l'architecture fédérée qui débordent la portée de l'architecture de l'accessibilité tout en interagissant avec elle.
Les personnalités qui suivent n'ont aucune incapacité ou une ou plusieurs déficiences, dans différentes combinaisons et à des degrés divers de gravité. Jane sert de référence en ce sens qu'elle n'a aucune incapacité évidente. David, Roy, Roger et Maryont des déficiences motrices normalement associées aux « extrants » des personnes et, par conséquent, ont tendance à avoir besoin d'une forme d'adaptation de l'intrant du système. Ruth, Frank, Mary et Nancy ont des déficiences sensorielles habituellement associées à l'intrant des personnes et, par conséquent, ont tendance à avoir besoin d'adaptation aux extrants du système. Francis a des troubles cognitifs. Des caractéristiques d'intelligence ou de traitement des systèmes, comme les agents logiciels, les rappels et les correcteurs d'orthographe, qui sont parfois utilisés de concert avec des adaptations aux intrants et(ou) aux extrants des systèmes, peuvent parfois tenir compte des besoins des personnes ayant des troubles cognitifs. Edith, à titre de personne âgée, possède une série moins grave mais plus complète de déficiences. Des rajustements, comme changer le volume, la taille, l'éclairage, etc. peuvent être utiles dans son cas.
Jane
Jane n'a pas d'incapacités.
Edith
Edith, une personne âgée, a une basse vision et est malentendante (elle se sert d'un appareil de correction auditive). Son arthrite limite sa dextérité, ses activités de motricité fine et l'amplitude de ses mouvements. Les activités physiques soutenues lui causent de la douleur et sont difficiles à exécuter. Elle marche lentement en s'aidant d'une canne et elle éprouve de la difficulté à demeurer debout pendant de longues périodes. Edith ne parle pas fort (de manière presque inaudible) et elle est sensible à la lumière, à la poussière et à d'autres allergènes.
David a un traumatisme médullaire supérieur qui l'empêche de se servir de ses mains. Pour communiquer, il préfère la parole.
Roy a une forme grave de paralysie cérébrale et se sert d'un fauteuil roulant motorisé. Son ordinateur de bord est doté d'une unité d'entrée adaptée à ses besoins qui transforme ses mouvements en signaux. Ces signaux sont soit transmis directement aux sous‑systèmes sur son fauteuil, soit transmis sans fil à des systèmes qui lui permettent de contrôler un ordinateur de bureau ou des appareils dans son entourage (lumières, téléviseur, etc.). Roy se sert également de tableaux à double‑entrée (Bliss) à la fois manuels et électroniques qui l'aident à communiquer avec d'autres. Bien qu'en raison de ses troubles de coordination il éprouve de la difficulté à contrôler directement des systèmes exigeant une motricité fine, il peut parfois abaisser de gros commutateurs.
Roger
Roger, un fonctionnaire à la retraite, a constaté récemment des signes de la maladie de Parkinson, qui font trembler ses mains et font qu'il éprouve de la difficulté à amorcer des mouvements et à pointer avec précision. Il ne peut se servir de manière fiable d'une souris ou d'un clavier, mais il connaît un certain succès avec une licorne frontale.
Ruth
Ruth est sourde. Elle est très active dans la communauté des sourds et est une passionnée du langage gestuel et des techniques de lecture sur les lèvres. Ruth a de la difficulté à lire.
Frank a perdu la vue à l'âge de 48 ans des suites d'une rétinopathie diabétique. Comme il ne se sert pas du braille, la plupart de l'information qu'il reçoit doit être convertie en sons. Frank se déplace avec un chien‑guide et se sert d'une canne blanche lorsqu'il se trouve dans des endroits qu'il ne connaît pas. Il poursuit ses efforts afin d'apprendre à se servir d'un logiciel spécialisé pour lire le matériel électronique.
Mary
Mary est atteinte d'une forme progressive chronique de sclérose en plaques. Ses capacités physiques sont extrêmement limitées. Elle se sert d'un fauteuil roulant électrique muni d'un contrôleur de levier de commande pour se déplacer dans son environnement. Elle peut utiliser un ordinateur en visant des carrés d'un pouce sur un clavier programmable, qui comporte de grosses lettres noires sur un fond blanc qui l'aident à dactylographier. Sa vision est également extrêmement limitée et elle fluctue. Les jours où sa vision est à son plus faible, elle se fie à la mémoire de ses muscles pour utiliser son clavier. Les « bons jours », elle peut lire des imprimés agrandis 8 fois ou plus.
Nancy est sourde, aveugle et muette. Elle peut lire le braille au niveau de deuxième année. Nancy connaît un peu le American Sign Language, mais pour communiquer bilatéralement, elle doit se servir du langage gestuel manuel grâce à un interprète ou un facilitateur. Nancy communique au téléphone au moyen d'un téléscripteur Braille (ATS). Nancy utilise la technologie informatique depuis quatre ans, ce qui lui donne un accès indépendant à du matériel de lecture et à des communications écrites.
Francis
Francis, un jeune ancien combattant, souffre d'un syndrome de stress post‑traumatique (SSPT). Il éprouve de la difficulté à se concentrer, à se rappeler, à gérer le stress, à réfléchir, à écrire ou à parler clairement. Il a de la difficulté à organiser et à gérer le temps, ce qui tend à lui causer des problèmes dans des situations sociales et professionnelles. Il est sujet à de fréquents épisodes de crises d'épilepsie et de voile noir.