Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Dirigeante principale de l’information - Discours d'ouverture de la GTEC 2011

Bonjour à tous! Bienvenue à la Conférence et exposition sur la technologie dans l'administration gouvernementale 2011. Je suis ravie de vous accueillir tous ici à la GTEC 2011 dont le thème cette année est « Un gouvernement uni – Travailler ensemble pour mieux servir les Canadiens ». Il s'agit d'un thème pertinent dans le contexte actuel. Au nom du Conseil d'administration de la GTEC, qui comprend des dirigeants des technologies de l'information et des communications au sein du gouvernement ainsi que des dirigeants de quelques-uns de nos principaux partenaires du secteur privé, je suis très heureuse de vous accueillir à ce colloque de la collectivité gouvernementale canadienne des technologies de l'information. J'aimerais remercier le ministre Clement d'avoir inauguré l'exposition de cette année et d'avoir souligné que la technologie de l'information est cruciale pour la transformation et la modernisation du gouvernement, et que le professionnalisme et l'innovation de tous les instants dont fait preuve de cette collectivité sont essentiels à l'atteinte de notre objectif commun.

J'aimerais également prendre le temps de rendre hommage aux lauréats des prix de la GTEC de cette année parmi lesquels figurent des équipes et des professionnels des trois ordres du gouvernement du Canada, notamment de notre province phare, le Manitoba, qui a été récompensée lors du gala hier soir. Leurs réalisations sont la preuve tangible de la créativité, de la passion et de l'excellence de notre collectivité des technologies de l'information et des communications qui mérite plus souvent l'expression de notre gratitude. Nous continuerons de compter sur elle pendant la transformation de notre modèle de prestation de services de technologies de l'information au gouvernement du Canada.

Je vais commencer par une comparaison et une affirmation pour vous exposer ensuite mes remarques.

Vous conviendrez tous que l'accessibilité des moteurs dont le pétrole a permis l'essor a joué un rôle fondamental au niveau des transformations du 20e siècle en rapprochant les individus et les collectivités, et en développant l'innovation, la vitesse d'exécution et la productivité. Il suffit de penser à l'incidence des transports routiers et aériens. Alors qu'une décennie vient de s'écouler au 21e siècle, j'affirme qu'aujourd'hui l'information a pris la place du pétrole, et que l'environnement des technologies de l'information et des communications joue le rôle de raffinerie, d'oléoduc et de pompe. Notre capacité à maîtriser et à tirer profit efficacement des informations au sein du gouvernement et à tous les niveaux de compétence en collaboration avec nos citoyens nous permettra de réussir à moderniser le gouvernement, mais également à contribuer à la prospérité de la société.

La modernisation du gouvernement passe plus particulièrement par la modernisation impérative de l'environnement des technologies de l'information qui relie les individus, les informations et les connaissances de façon rapide et sécuritaire dans tous les ministères et dans toutes les administrations, et qui relie également nos citoyens.

Comment moderniser l'environnement des technologies de l'information du gouvernement du Canada?

Nous avons une stratégie. Dans mon discours d'ouverture d'aujourd'hui, j'aimerais partager avec vous certains aspects fondamentaux de notre stratégie de modernisation des technologies de l'information au sein du gouvernement du Canada qui s'appuie sur trois piliers : la normalisation, la consolidation et la restructuration. Je vais rappeler à ce titre les termes employés par la secrétaire hier soir : une normalisation stricte, une consolidation intensive et une restructuration ciblée. D'après les échos du gala d'hier soir, je crois savoir que vous avez été informés de la différence profonde entre cette stratégie et notre stratégie actuelle de prestation de services de technologies de l'information, qui est principalement décentralisée.

Notre nouvelle stratégie a une incidence sur l'intégralité des aspects de notre activité de prestation de services de technologies de l'information, c'est-à-dire sur notre infrastructure, mais également sur nos portefeuilles d'applications, nos rôles respectifs, nos plans et méthodes de mise en œuvre et notre culture des technologies de l'information et des communications.

Notre nouvelle stratégie redéfinit les obligations, les responsabilités et les objectifs de tous les acteurs de cette collectivité (les dirigeants principaux de l'information des ministères, notre collectivité des CS et les autres spécialistes des technologies de l'information, ainsi que les utilisateurs et les cadres supérieurs des ministères). Tous devront adopter ce nouveau modèle de prestation de services et s'y conformer. Par conséquent, nos partenaires du secteur privé des technologies de l'information et des communications devront faire de même.

Enfin, notre stratégie de modernisation des technologies de l'information est à l'origine de la création de Services partagés Canada, un nouvel organisme qui fera partie de notre équipe des technologies de l'information et des communications et dont le mandat est dédié à la prestation de services d'infrastructure de technologies de l'information pour tous les ministères.

Ce mandat nous permettra en tant que collectivité de centraliser plus efficacement nos ressources et nos initiatives, ce qui accélérera la modernisation des technologies de l'information, d'un point de vue de l'infrastructure des technologies de l'information et du portefeuille d'applications.

Une première étape – Le bien-fondé du changement – Les aspects à moderniser

Le vieillissement de notre portefeuille actuel de technologies de l'information justifie l'intérêt manifesté à l'égard d'une modernisation. Vous vous souvenez peut-être que la vérificatrice générale a souligné dans son rapport du printemps 2010 la nécessité d'adopter une stratégie à l'échelle du gouvernement du Canada pour renouveler nos systèmes indispensables. Elle était plus particulièrement préoccupée par l'état de certains de nos principaux systèmes assurant la prestation de services aux Canadiens en raison de leur ancienneté et de leur risque d'obsolescence. La vérificatrice générale voulait s'assurer que nous possédons la capacité et le financement nécessaires pour renouveler et entretenir notre portefeuille de systèmes. Pour évaluer l'étendue de ce défi, nous avons mené récemment un examen des systèmes d'applications et une grande étude sur les centres de données du gouvernement du Canada. D'après les observations préliminaires de cet examen des applications, il a été confirmé que nous entretenons un portefeuille de systèmes qui, en plus d'être obsolète plutôt qu'optimal, est trop diversifié, trop fragmenté, trop personnalisé et de trop grande ampleur sur le plan des services de soutien administratif. Cette diversité a plusieurs incidences néfastes y compris l'augmentation des coûts et des risques opérationnels, et la création de défis en matière d'interopérabilité.

Par exemple, nous avons recensé plus de 500 composants d'application uniquement dans le domaine des ressources humaines, notamment plusieurs versions d'un seul produit commercial et de nombreux petits composants d'application s'y rapportant qui sont « intégrés » pour compléter le système de base. Notre examen a permis d'attirer l'attention sur l'existence de solutions redondantes au niveau de nos autres applications de soutien et de nos applications de guichet. Imaginez la diversité de l'infrastructure prenant en charge chacun de ces environnements. Par conséquent, nous avons un défi majeur à relever en matière de modernisation des applications et de l'infrastructure.

Il est apparu évident que le renouvellement « à l'identique » de notre environnement de technologies de l'information est simplement impossible. Cela aurait des incidences considérables sur les finances du gouvernement du Canada, et les contribuables n'en auraient certainement pas pour leur argent.

Nous avons conclu qu'il est nécessaire d'adopter une stratégie de modernisation qui nous permettra de tirer parti de notre envergure en tant que collectivité de façon plus efficace. Elle doit nous permettre de transformer ce modèle vertical de prestations de services de technologies de l'information ministériels en un modèle mixte fondé sur des prestations de services ministériels précis, des prestations regroupées et des prestations transversales horizontales au sein du gouvernement du Canada. Cette stratégie nous permettra de réorienter les ressources, qui étaient auparavant réparties de façon trop étroite sur un vaste éventail de plateformes de technologies de l'information dans chaque ministère, et de les cibler plus directement sur les plateformes et les systèmes d'applications plus récents, ce qui sera bénéfique pour toute la collectivité. Nous pourrons également établir des compétences de base ciblées et créer des centres d'excellence avec plus de succès dans l'ensemble de la collectivité.

Pour une entité de la taille du gouvernement du Canada, il existe des possibilités majeures qui doivent être soutenues de façon plus intensive en cette période de restrictions budgétaires.

Il s'agit de normaliser, de consolider et de restructurer l'infrastructure de technologies de l'information et les applications communes.

Les impératifs pour réussir la transformation

La transformation du modèle de prestation de services de technologies de l'information d'un modèle vertical en un modèle mixte comportant des prestations verticales et horizontales nécessite l'adoption de nouvelles approches et prendra au moins plusieurs années avant d'être complétée. Nous devrons appréhender sous un autre angle l'architecture, l'acquisition, la mise en œuvre et l'entretien de nos systèmes, car nous ne pouvons plus garder cette approche ponctuelle vis-à-vis des systèmes sans prendre en considération un cadre centralisé de normes et les architectures à l'échelle du gouvernement du Canada. Nous allons devoir revoir nos processus de mise en œuvre et de prestation ainsi que nos structures de gouvernance existantes. Il faudra adopter une approche encore plus rigoureuse en matière de gestion de projets et de supervision pour garantir la vitesse d'exécution et la qualité des résultats.

Nos modèles de prestation actuels ont été utiles, mais aujourd'hui ils ne sont pas, pour la plupart, adaptés au modèle de prestation horizontale et ne sont pas suffisamment flexibles pour suivre le rythme des évolutions technologiques.

Ce défi commun nous oblige également à revoir les pratiques relatives à l'utilisation, au déploiement et au partage des ressources de technologies de l'information dans l'ensemble du gouvernement du Canada. Les plans d'investissement de gestion de l'information et des technologies de l'information seront redéfinis puisqu'actuellement la grande majorité des plans sont spécifiques et concernent des ministères particuliers. Les investissements seront réattribués et une plus grande partie sera regroupée et répartie de façon horizontale au niveau du gouvernement du Canada.

Alors que nous commençons tout juste à exploiter l'ensemble des possibilités en matière de collaboration horizontale, je suis déjà extrêmement satisfaite des progrès accomplis ensemble ces dernières années sur le plan de la collaboration, en particulier concernant deux projets mis à l'honneur hier soir :

  • Le projet de regroupement des centres de données issu du partenariat entre la Direction générale des services d'infotechnologie, Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, l'Agence du revenu du Canada et la Banque du Canada – un projet qui s'est échelonné sur trois ans entre la date d'acquisition et la date de prestation!
  • Le projet de transition de plus de vingt ministères du service epass vers le service Clé d'accès en douze mois.

Ces projets démontrent que plusieurs ministères peuvent collaborer avec succès pour mettre en place de nouvelles solutions communes dans un délai relativement court.

Transformation de la prestation de services de technologies de l'information

Je vais maintenant porter mon attention sur l'approche que nous adopterons pour poursuivre notre stratégie de modernisation des technologies de l'information au cours des mois et des années à venir. Étudions cette question plus en détail.

1. Normalisation 2. Consolidation 3. Restructuration.

1.   Normalisation : Réduction immédiate, constante et permanente de l'extrême diversité des actifs et des services de gestion de l'information et des technologies de l'information et des processus opérationnels sous-jacents connexes. Comment allons-nous y parvenir? Nous préconisons l'adoption, par l'ensemble du gouvernement du Canada, d'un portefeuille de solutions fondées sur des normes et des architectures de sécurité, de réseau, de gestion de l'information et de technologies de l'information. Qui pilotera cette partie de notre stratégie? La Direction du dirigeant principal de l'information du Secrétariat du Conseil du Trésor, en étroite collaboration avec Services partagés Canada, notre partenaire principal pour la partie opérationnelle de cette transformation, et les dirigeants principaux de l'information de nos ministères. L'année prochaine, la Direction du dirigeant principal de l'information du Secrétariat du Conseil du Trésor misera sur l'établissement de normes de technologies et d'applications, et sur la création d'instruments de politique connexes pour appuyer notre stratégie de modernisation. Elle mobilisera également la collectivité, notamment nos partenaires du secteur privé.

2.   Consolidation : La consolidation permanente de plusieurs instances de solutions similaires en regroupements de solutions fondées sur des normes et pilotées par des ministères pour un groupe de ministères ou par Services partagés Canada. Qui pilotera la mise en œuvre de cette partie de la stratégie? Le mandat sera partagé. Pour les systèmes et les services de technologies de l'information centralisés tels que les courriels, Services partagés Canada a pour mandat de consolider et de restructurer la prestation des services d'infrastructure de technologies de l'information. Des stratégies de modernisation d'infrastructure particulières seront élaborées pour les centres de données, les réseaux et la messagerie. Par exemple, nous devons définir le nombre de centres de données dont nous avons besoin, leur emplacement et les délais de consolidation. Nous devons déterminer quels seront les centres de données que nous devrons consolider en priorité. Services partagés Canada étudie actuellement en profondeur ce type de questions pendant la finalisation des plans de consolidation des centres de données. Pour les systèmes administratifs de soutien tels que les systèmes des ressources humaines et des finances, en encouragera les plus grands ministères à créer des groupements de services d'applications comme celui qui a été créé par Agriculture et Agroalimentaire Canadapour appuyer d'autres ministères. Ces groupements adopteront des processus opérationnels communs et restructurés qui seront définis par le Bureau du dirigeant principal des ressources humaines et le Bureau du contrôleur général. Nous pensons que la consolidation au niveau des applications de soutien, à travers la normalisation et la consolidation en groupements, et la consolidation et la normalisation de l'infrastructure des technologies de l'information par Services partagés Canada, permettront de réduire le coût total du renouvellement de notre portefeuille vieillissant et de réduire également les coûts opérationnels et de maintenance récurrents de ces systèmes.

3.   Pour terminer, la restructuration : Cette étape consiste à faire basculer notre modèle de prestation de 90 degrés, en appliquant, dès que cela est possible et justifié, des processus standard et en s'appuyant plus souvent sur la prestation de services par le secteur privé, comme nous venons de le faire avec notre fournisseur de services de justificatifs d'identité externe, qui a été récompensé et qui utilise les actifs des technologies de l'information et les justificatifs d'identité du secteur des finances.

La publication dans le Web est un exemple de possibilité majeure qui met en évidence les incidences potentielles de notre stratégie de modernisation et montre comment les rôles principaux peuvent être exercés dans l'ensemble du gouvernement du Canada. Prenons un exemple. Le gouvernement du Canada tient à jour actuellement des plateformes individuelles de publication par le biais du Web. La quasi-totalité des ministères gère ses propres équipes Web notamment des webmestres. En raison de la publication de notre nouvelle Norme sur l'accessibilité des sites Web, nous avons mené une étude sur la portée de l'initiative requise de mise en conformité des sites du gouvernement du Canada avec la version 2.0 de la Ligne directrice sur l'accessibilité du contenu Web. Notre analyse a confirmé l'existence de nombreuses approches et plateformes en matière de gestion du contenu Web. Celles-ci sont souvent personnalisées, sont obsolètes et n'offrent pas les fonctionnalités modernes de publication requises pour prendre en charge les initiatives comme celle en faveur d'un gouvernement ouvert. Dans le cadre de cette initiative, nous souhaitons mobiliser les Canadiens pour échanger en ligne et en temps réel. La publication et la gestion de contenu Web offrent une grande possibilité de consolidation si nous définissons un système de gestion de contenu Web standard et commun, si nous faisons l'acquisition d'une plateforme unique pour plusieurs ministères du gouvernement du Canada et si nous restructurons la publication de telle sorte que les ministères puissent continuer à publier leur contenu de façon indépendante. Ils pourront utiliser cette plateforme commune de gestion de contenu Web qui sera tenue à jour de façon centralisée et leur fournira également des outils plus performants pour la diffusion en continu de vidéos, les dialogues bidirectionnels, la mise en œuvre et le test de l'accessibilité, etc. Imaginez la quantité de ressources qui pourront être libérées et affectées à d'autres utilisations des technologies de l'information. Cela nous permettra, comme la formule consacrée par les Britanniques le dit si bien, de « faire mieux avec moins ».

Plan intégré de modernisation des technologies de l'information

Pour moderniser les technologies de l'information dans l'ensemble du gouvernement du Canada, il faut bien plus qu'une bonne stratégie. Nous aurons besoin d'un plan bien intégré et de procédures opérationnelles irréprochables si nous voulons réaliser des progrès notables au cours des sept à dix prochaines années. Quand pourrons-nous observer des résultats positifs découlant de cette stratégie?  

Je me permets de rappeler un jalon clé, un budget équilibré d'ici 2014-2015. Qu'est-ce que cela signifie pour nous en matière de technologies de l'information et des communications? Nous devrons mettre en place des initiatives qui nous permettront de réaliser des économies. Dans l'idéal, nous devrions démarrer des projets au cours du présent exercice pour faire quelques économies et contribuer à notre niveau au programme global d'économies du gouvernement du Canada d'ici 2014. Parallèlement, nous devons également lancer des initiatives à plus long terme nécessitant plus de trois ans d'exécution. Évidemment, il n'est pas possible de changer d'échelle sur-le-champ avec les technologies de l'information, en dépit de l'émergence de l'informatique en nuage. Certaines de nos meilleures initiatives consacrées aux économies et réductions de coûts à long terme, par exemple, les centres de données, nécessiteront des délais de plusieurs années pour que la consolidation soit substantielle. Dans la mesure du possible, nous devrons mettre en œuvre en parallèle des initiatives à court et à long terme. La Direction du dirigeant principal de l'information du Secrétariat du Conseil du Trésor, Services partagés Canada et chaque dirigeant principal de l'information des ministères devront examiner et se conformer à nos plans et ressources dans le cadre de la nouvelle stratégie du gouvernement du Canada et du nouveau modèle de prestation de services de technologies de l'information. Cela nécessitera des efforts immédiats et permanents pour y parvenir, et nous appliquerons certainement nos processus de gouvernance de la collectivité.

Gestion des risques

La modernisation des technologies de l'information du gouvernement du Canada nécessitera un plan et une stratégie solides en matière de gestion des risques. En tant que professionnels de la gestion de l'information et des technologies de l'information, vous savez pertinemment que les risques font partie intégrante de ce domaine. Nous essayons constamment de trouver le juste équilibre entre la sécurité, les niveaux de services, la récupération, la disponibilité des ressources, les attentes des utilisateurs, etc. À ce titre, de nombreux risques doivent être pris en considération. Bien évidemment, la création de Services partagés Canada et son mandat redéfinissent les obligations en matière de recensement et d'atténuation des risques puisqu'elles seront partagées entre les dirigeants principaux de l'information des ministères, qui continueront d'assumer leurs responsabilités quant aux applications, et Services partagés Canada qui sera en charge de l'infrastructure. La Direction du dirigeant principal de l'information du Secrétariat du Conseil du Trésor mettra à jour la Politique du gouvernement sur la sécurité pour que ce partage des obligations soit pris en considération et que les ministères et Services partagés Canada bénéficient des outils requis pour exécuter correctement leurs tâches. Par exemple, il faut redéfinir le plan de reprise après sinistre pour tenir compte de cette double responsabilité. Toutefois, même si un changement est toujours porteur de nouveaux risques, il ne faut pas croire que le statu quo reste sans risque. À vrai dire, la consolidation de l'infrastructure de technologies de l'information par Services partagés Canada est un levier puissant pour améliorer la gestion des risques liés aux technologies de l'information dans l'ensemble du gouvernement du Canada. Notre plan de consolidation des points d'accès à Internet constitue un exemple particulièrement parlant à ce titre. Même si nous avons fait des progrès depuis le lancement de cette initiative l'année dernière, nous nous attendons à une amélioration considérable de la rapidité d'exécution de la consolidation en raison de la création de Services partagés Canada et de la mise en place d'autres initiatives de ce type. Services partagés Canada pilotera ces initiatives en tant qu'organisme principal, et celles-ci permettront au gouvernement du Canada de bénéficier d'un environnement de sécurité des technologies de l'information bien plus performant.

Quelles seront les incidences de la modernisation des technologies de l'information sur le rôle des dirigeants principaux de l'information du gouvernement du Canada

Vous comprenez sans doute tous ici que la transformation à venir aura une incidence sur le rôle des dirigeants principaux de l'information et de notre effectif.

  1. Je m'attends à une plus grande participation des dirigeants principaux de l'information pour cerner et proposer des possibilités d'amélioration en matière d'innovation et d'efficience pour leurs ministères et concernant leurs stratégies de renouvellement d'applications. Les dirigeants principaux de l'information pourront envisager une migration vers des groupements de services partagés à moins qu'ils ne soient déjà des fournisseurs de services partagés. Ils seront encouragés à prendre la responsabilité de la gestion du changement dans leurs ministères pour contribuer à la refonte des processus opérationnels.
  2. Pour garantir la rapidité d'exécution et le succès de ces initiatives, les dirigeants principaux de l'information devront collaborer avec Services partagés Canada et avec d'autres dirigeants principaux de l'information pour élaborer des exigences communes et des stratégies d'approvisionnement concernant certaines initiatives qui peuvent profiter à l'ensemble de la collectivité du gouvernement du Canada. Les exigences qui serviront à appuyer la collectivité dans son ensemble devront être élaborées rapidement par des équipes flexibles composées d'un petit nombre de personnes avisées et devront prendre en considération les architectures standard.
  3. Les dirigeants principaux de l'information devront élaborer des analyses de rentabilisation solides pour les projets de technologies de l'information au sein de leur ministère fournissant une évaluation des possibilités de mise en œuvre en collaboration avec Services partagés Canada, leur partenaire en matière d'infrastructure. Ils devront comparer les risques, les bénéfices et les coûts relatifs des différents modèles de prestation de solutions y compris le regroupement et le recours plus important à la prestation de services par le secteur privé.
  4. Les dirigeants principaux de l'information pourront s'appuyer sur la collectivité de gestion de l'information et des technologies de l'information du gouvernement du Canada lors de l'évolution des projets et lui fournir leur soutien. Aucun ministère ne possède, à l'interne, toutes les expertises et la capacité requises pour appliquer notre stratégie avec la rigueur nécessaire.

Incidences sur les fournisseurs

Je suis certaine que nos fournisseurs ont déjà compris que la modernisation des technologies de l'information aura une incidence sur eux également. Les affaires ne se feront plus comme avant. Une profonde transformation des systèmes sera nécessaire et il faut aborder cela de manière positive. Toutefois, notre stratégie de modernisation nécessite également d'adopter une nouvelle approche en matière de pratiques, et vous devrez contribuer à cette transformation. En collaboration avec Services partagés Canada et Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, nous prévoyons mener une série de consultations auprès des fournisseurs au cours des prochains mois sur notre stratégie afin d'engager un dialogue plus approfondi.

Incidences sur notre collectivité de gestion de l'information et des technologies de l'information

Pour terminer, notre stratégie de modernisation des technologies de l'information au niveau du gouvernement du Canada entraînera une modernisation de notre culture, notamment de nos pratiques de gestion et de nos pratiques de gestion des personnes et du perfectionnement professionnel.

J'en profite pour saluer à nouveau les efforts continus en matière d'excellence de notre collectivité qui apporte un soutien efficace et fidèle au gouvernement du Canada.

Je souhaiterais terminer ce discours en rappelant que le défi le plus important en tant que collectivité n'est pas l'étendue des travaux de modernisation que nous allons mener, mais la nécessité de s'engager pleinement dans cette transformation dès maintenant.

Qu'est-ce que cela signifie pour la collectivité des CS du gouvernement du Canada? Les activités ne seront certainement plus les mêmes pour vous non plus. Vous devez garder le même impératif à l'esprit : l'exécution est au cœur de cette initiative. Vous devez développer les compétences requises par ce nouveau modèle de prestation de services : gestion de projets, architecture, analyse fonctionnelle, gestion du changement, etc. Vous devez participer à un plus vaste éventail d'initiatives du gouvernement du Canada au sein d'équipes flexibles regroupant plusieurs ministères et ayant des retombées positives accrues pour nous tous. Je sais que ces changements d'approches vont perturber certains d'entre vous, mais je suis persuadée qu'à long terme, cette transformation offrira beaucoup plus de possibilités de perfectionnement et de réalisation sur le plan professionnel.

Quelques mots pour conclure

J'aimerais conclure ce discours par une citation de Thomas Watson Jr. provenant du site Web sur le centenaire d'IBM :

« Pour relever les défis d'une société en pleine évolution, les entreprises doivent être prêtes à tout changer sauf leurs convictions. »

La création de Services partagés Canada est un appel à l'action pour nous tous. Je suis convaincue que notre collectivité possède la capacité et la détermination nécessaires pour relever le défi de la modernisation et s'engager dans cette transformation à venir. Nous réussirons, car nos convictions sont profondément ancrées sur notre ferme engagement en faveur des valeurs de la fonction publique. Je me réjouis de collaborer avec vous dans le cadre de ce projet de transformation.

Merci beaucoup.